Sarah Knafo a-t-elle besoin d’apprendre à compter avec ses « 15 à 20 milliards d’euros » d’aides sociales non contributives aux étrangers

Sarah Knafo a fait toute sa scolarité d’enfant dans des écoles privées hors contrat ou dans l’enseignement israélite. Normalement, ces écoles font payer cher les parents en se vantant que les élèves apprennent à bien compter mais visiblement, Knafo a raté les cours (comme son cousin Bordella) ou alors elle ment sciemment.

En effet, elle adore reprendre le délire des 15 milliards d’aides sociales qui seraient « données » aux étrangers alors que ce chiffre est faux.

Si la composition réelle des prestations sociales et de leur coût vous intéresse — voir Liste et coûts des prestations de protection sociale en France

Revenons à ce que prétend Sarah Knafo qui a faux : « 15 à 20 milliards d’euros » d’aides sociales non contributives aux étrangers

Sarah Knafo reprend très directement un chiffre déjà utilisé par Éric Zemmour : les prestations sociales non contributives versées aux étrangers représenteraient entre 15 et 20 milliards d’euros par an.

En août 2025, dans son discours d’Orange, elle va même plus loin en formulant le chiffre comme une économie immédiatement disponible :

« Vous pouvez déjà réserver les aides sociales non contributives aux citoyens français : voilà déjà 20 milliards d’euros économisés chaque année. »

Cette phrase est sans ambiguïté : elle présente 20 milliards d’euros comme une économie annuelle réalisable. (Sarah Knafo)

Dans son propre document de « contre-budget 2026 », elle revient ensuite à une fourchette :

« Réserver les prestations sociales non contributives aux Français : 15 à 20 milliards € ». (Sarah Knafo)

Quelques semaines plus tard, elle reconnaît que le chiffre exact n’est pas connu

En septembre 2025, interrogée sur BFMTV, Sarah Knafo apporte une précision très intéressante. Elle dit explicitement :

« c’est un chiffre qu’on n’a pas à la virgule près »

et explique demander au gouvernement de publier le montant exact des prestations sociales non contributives versées aux étrangers. (Dailymotion)

Elle affirme cependant dans le même entretien :

« je sais avec certitude […] que c’est entre 15 et 20 milliards ».

Nous avons donc 2 affirmations simultanées :

le chiffre exact n’est pas établi ;

mais

la fourchette de 15 à 20 milliards serait certaine.

C’est précisément cette certitude qu’il faut examiner.

Premier problème : d’où viennent réellement les 15 à 20 milliards ?

Sarah Knafo indique dans son contre-budget comme références :

« Rapport DREES 2022, INSEE ». (Sarah Knafo)

Mais cette mention ne suffit pas à reconstruire le chiffre.

Pour vérifier sérieusement les 15 à 20 milliards, il faudrait disposer d’une ventilation du type :

prestationmontant versé aux étrangers
RSAX Md€
prime d’activitéX Md€
AAHX Md€
aides au logementX Md€
allocations familialesX Md€
ASPAX Md€
autres prestationsX Md€
total15 à 20 Md€

Or le contre-budget présenté par Sarah Knafo ne fournit pas ce détail.

Il donne directement 15 à 20 milliards d’euros puis cite globalement la DREES et l’Insee.

Ce n’est pas la même chose qu’une démonstration comptable permettant de reproduire le calcul.

Deuxième problème : l’ancien calcul de Reconquête reposait sur une confusion entre étrangers et immigrés

Les Surligneurs ont étudié précisément ce chiffrage.

Ils rappellent qu’une estimation similaire avait déjà été avancée par Éric Zemmour en 2021 et qu’elle reposait notamment sur des travaux de l’OCDE.

Or ces données concernaient les personnes nées à l’étranger, et non uniquement les personnes de nationalité étrangère.

Cela inclut notamment :

  • les étrangers ;
  • les immigrés devenus français ;
  • certains ressortissants européens.

Les Surligneurs rapportent même que l’OCDE avait contesté l’interprétation faite de ses travaux, la qualifiant de « farfelue et biaisée ». (Les Surligneurs)

C’est un problème statistique majeur.

Immigré ≠ étranger

Prenons quelqu’un né au Maroc de nationalité marocaine, arrivé en France à 20 ans et naturalisé français à 35 ans.

À 50 ans : il est toujours immigré au sens statistique ;

mais il n’est plus étranger.

Si la politique proposée consiste à réserver certaines prestations aux Français, cette personne conserverait précisément ses prestations.

On ne peut donc pas utiliser sans correction des données sur l’ensemble des immigrés pour mesurer les économies réalisables en excluant les étrangers.

Troisième problème : les données CNAF disponibles donnent un ordre de grandeur beaucoup plus faible

Les données communiquées par la CNAF à l’époque des propositions de Marine Le Pen et Éric Zemmour donnaient un montant nettement inférieur.

Selon ces données, les étrangers percevaient environ 13 % des prestations versées par la CNAF.

Pour les grandes prestations ciblées dans ce débat — notamment RSA, allocations familiales et aides au logement — cela représentait environ 5,3 milliards d’euros.

En ajoutant environ 1 milliard d’euros de minimum vieillesse, on arrivait autour de 6,3 milliards d’euros. (Le Monde.fr)

Attention : cela ne couvre pas nécessairement absolument toutes les prestations qualifiables de non contributives.

Mais cela montre à quel point le passage à 15 ou 20 milliards nécessite des catégories supplémentaires et un calcul parfaitement documenté.

Les Surligneurs indiquent de leur côté que les chiffres disponibles issus notamment de la CNAF conduisaient plutôt à un ordre de grandeur autour de 9 milliards d’euros pour un périmètre plus large de prestations versées aux étrangers, toujours bien inférieur à 15-20 milliards. (Les Surligneurs)

Quatrième problème : Knafo transforme un montant estimé en économie intégrale

Même supposons que Sarah Knafo ait raison sur le chiffre de 15 milliards d’euros de prestations versées.

Cela ne signifie toujours pas 15 milliards d’euros économisés.

C’est une confusion très importante.

Pour que 15 milliards versés deviennent 15 milliards économisés, il faudrait que :

  1. tous les bénéficiaires concernés deviennent inéligibles ;
  2. aucune obligation européenne ou internationale ne s’y oppose ;
  3. aucune prestation de substitution ne soit créée ;
  4. aucune dépense ne soit déplacée vers un autre dispositif ;
  5. aucun bénéficiaire ne conserve ses droits au titre d’une autre condition.

Ce n’est pas automatique.

Or, dans son discours d’Orange, elle passe directement de « prestations versées aux étrangers » à « 20 milliards économisés chaque année ». (Sarah Knafo)

Le raccourci est considérable.

Cinquième problème : « non contributif » ne signifie toujours pas « assisté »

C’est particulièrement important chez Sarah Knafo parce qu’elle associe explicitement ces prestations à une logique d’« assistanat ».

Dans une interview au JDD, elle déclare que ces aides agiraient comme :

« une pompe aspirante pour les étrangers les plus enclins à l’assistanat ».

(lejdd.fr)

Mais le caractère non contributif d’une prestation ne signifie pas que son bénéficiaire ne travaille pas.

La prime d’activité en est encore une fois l’exemple le plus évident.

Elle est destinée à des personnes ayant des revenus professionnels modestes.

Un étranger peut donc :

  • travailler à plein temps ;
  • cotiser ;
  • payer la CSG ;
  • payer la TVA ;
  • payer l’impôt ;
  • et recevoir une prestation non contributive.

Il apparaît alors dans le chiffre des « aides sociales non contributives versées aux étrangers ».

Le présenter pour autant comme une personne vivant de « l’assistanat » serait faux.

Le cas du RSA est encore plus révélateur

Le RSA socle représente environ 11,8 milliards d’euros en 2023 pour toute la France, donc Français + étrangers réunis.

Cela signifie déjà qu’il serait impossible de trouver 15 à 20 milliards d’euros d’économies uniquement dans le RSA.

Il faut nécessairement additionner de nombreuses prestations différentes.

Et surtout, le RSA lui-même ne représente qu’environ 1,3 % des 888 milliards de prestations de protection sociale.

Le document Dufourcq/DREES montre que les très grandes masses sont ailleurs : retraites et santé absorbent à elles seules plus de 80 % de la protection sociale.

Même les 20 milliards de Knafo restent minuscules face aux 888 milliards

Prenons volontairement son chiffre le plus élevé, sans le contester 20 milliards d’euros.

Rapportés aux 888 milliards d’euros de prestations de protection sociale

cela représente environ 2,25 %.

Avec son chiffre bas de 15 milliards 1,69 %.

Donc même dans l’hypothèse où chaque euro annoncé par Sarah Knafo serait correctement calculé ET totalement économisable, plus de :

97 % des prestations sociales françaises resteraient inchangées.

La préférence nationale peut être un sujet politique majeur.

Mais elle n’explique pas le niveau global des dépenses sociales françaises.

Les principaux postes sont :

vieillesse-survie : environ 400 milliards ;

santé : environ 324 milliards.

Voilà où se trouvent réellement les centaines de milliards.

L’argument de « l’administration cache les chiffres »

Sarah Knafo insiste beaucoup sur ce point.

Dans sa demande adressée à François Bayrou, elle explique que le montant serait :

« extrêmement facile à établir »

et parle d’un « secret », d’un « mystère » et même d’une « omerta ». (LinkedIn)

Il faut être plus prudent.

Il est exact qu’il n’existe pas nécessairement un tableau public unique donnant :

toutes les prestations sociales non contributives × nationalité des bénéficiaires × montant versé.

Mais cela ne signifie pas forcément que l’administration « cache » volontairement un chiffre existant.

La protection sociale française est gérée par de multiples organismes :

  • CNAF ;
  • CNAV ;
  • Assurance maladie ;
  • départements ;
  • caisses diverses ;
  • État.

Les règles et bases statistiques ne sont pas uniformes.

Il peut donc réellement être difficile de construire un agrégat consolidé correspondant exactement à la définition politique retenue par Reconquête.

Et surtout l’absence d’un chiffre officiel ne prouve pas que l’estimation de Reconquête est correcte.

C’est une erreur logique.

On ne peut pas dire :

« L’État ne donne pas le chiffre exact, donc notre fourchette de 15 à 20 milliards est certaine. »

Il faudrait publier le calcul complet permettant de reproduire cette fourchette.

Il y a aussi un obstacle juridique que son calcul ne prend pas en compte

Les Surligneurs soulignent un autre problème : réserver toutes les prestations sociales non contributives aux seuls Français ne serait pas juridiquement simple.

Certaines différences de traitement peuvent être admises sous conditions.

Mais une exclusion générale fondée sur la seule nationalité pourrait rencontrer :

  • le principe constitutionnel d’égalité ;
  • le droit de l’Union européenne ;
  • certains engagements internationaux.

(Les Surligneurs)

Cela ne signifie pas qu’aucune restriction n’est possible.

Cela signifie que « 20 milliards versés » ne pourrait pas automatiquement devenir « 20 milliards supprimés par une loi ».

Le chiffrage économique suppose donc aussi que la réforme soit juridiquement applicable dans son intégralité.

Enfin, Knafo additionne les économies maximales comme si elles étaient immédiatement récupérables

Son contre-budget 2026 est assez révélateur.

Elle annonce notamment :

  • prestations non contributives aux étrangers : 15 à 20 Md€ ;
  • aide publique au développement : 14,827 Md€ ;
  • audiovisuel public : 4,029 Md€ ;
  • AME : 1,320 Md€ ;
  • associations : 1 à 2 Md€ ;
  • renouvelables : 7,983 Md€ ;
  • politique de la ville : 7,971 Md€ ;
  • diverses agences : 7,920 Md€.

Et conclut 63 milliards d’euros d’économies. (Sarah Knafo)

Le problème méthodologique dépasse donc les seules aides aux étrangers.

Le budget actuel d’un dispositif n’est pas nécessairement égal à l’économie nette produite par sa suppression.

Il existe :

  • des engagements contractuels ;
  • des coûts résiduels ;
  • des dépenses transférées ;
  • des salariés ;
  • des obligations légales ;
  • des missions qui doivent parfois être reprises ailleurs.

Additionner les budgets supprimés donne une estimation haute théorique, pas automatiquement une économie budgétaire nette.

Verdict sur Sarah Knafo

Ce qu’elle affirme réellement : les prestations sociales non contributives versées aux étrangers représenteraient 15 à 20 milliards d’euros par an, et leur suppression permettrait d’économiser cette somme.

Ce qu’elle reconnaît elle-même : le chiffre exact n’est pas connu et elle demande à l’administration de l’établir.

Le paradoxe : malgré cette absence de chiffre exact, elle affirme être « certaine » que le montant est compris entre 15 et 20 milliards.

Le problème statistique : certaines estimations historiques utilisées dans ce débat ont confondu étrangers et personnes nées à l’étranger.

Les données disponibles : elles donnent des montants nettement inférieurs sur les principales prestations que l’on peut identifier précisément.

Le problème budgétaire : prestation versée ≠ économie réalisable.

Le problème d’échelle : même 20 milliards ne représenteraient qu’environ 2,25 % des 888 milliards de prestations sociales françaises.

La formule :

« réserver les aides sociales aux Français = 20 milliards d’euros économisés »

est donc beaucoup plus affirmative que ce que permettent les données actuellement publiées.

Liens pour vérifier ce que Sarah Knafo a réellement dit

Les meilleures sources sont d’abord ses propres publications :

Pour contrôler et contester son chiffrage :

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