Ca continue de dézinguer à l 'UMP avec le deuxième volet de la bataille Copé Sarkozy et la réplique de Copé: les enregistrements de Buisson.
Après l'attaque de Sarkozy contre Copé à propos de l'argent que Copé aurait "détourné" , affaire comique quand on voit que les sommes en jeu concernent l'organisation de meetings de Sarkozy (ce qui signifie soit que Sarkozy est un benêt qui ne contrôle pas ses comptes ni l'UMP -mais prétend donner des leçons de gestion- soit que Sarkozy a lui-même tout organisé cf L'affaire Bygmalion ou comment Sarkozy veut mouiller et éliminer Copé ), voici donc que "sortent" dans la presse (notamment Atlantico, un site de droite ;-)) certains enregistrements que Patrick Buisson a réalisés lors de réunions conversations avec Sarkozy.
Il n'est de secret pour personne que Copé n'aime pas Buisson, éminence grise de l'extrême droite (qui après s'être fait remplacé par Paul-Marie Couteaux – le nouveau théoricien des camps de concentration pour roms – ou les commerçants Soral et consort qui ont compris comment gagner de l'argent sur Internet ou en librairies avec des bouffées délirantes) a tenté d'influencer l'UMP dans une dérive extrême laissant de côté toute la droite modérée, sociale, humaniste et gaulliste.
Bien sûr Patrick Buisson n'est pas le seul ver de l'extrême droite à tenter de siphonner l' UMP (au niveau local de nombreux partisans de Marine Le Pen remplissent des rôles secondaires tout en récupérant listings, contacts et en espionnant ce que la droite fait pour en faire profiter le FN) mais vu son rôlé dans la campagne et l'échec de Nicolas Sarkozy en 2012, l'utiliser dans ces "révélations", c'est du grand art.
Jean-François Copé montre une fois de plus qu'il n'est pas un suiveur du sarkozysme et qu'il a largement la carrure pour prendre en main la droite.
Bien sûr, François Fillon, qui compte les points à la manière d'un cardinal des siècles passés ou Alain Juppé qui fait office de sage sont aussi des personnalités capables de redresser la vraie droite et d'avoir enfin un parti politique normal depuis l'AVC de Jacques Chirac en 2005 et la prise de pouvoir par Iznogoud.
Utiliser les enregistrements de Patrick Buisson pour :
– révéler le rôle de Buisson auprès de Sarkozy
– sa flagornerie et le manque de vision de Sarkozy
– renforcer l'image vulgaire de Sarkozy (.. connards de chien ..) et sa personnalité de beauf, à travers notamment Carla Bruni et les commentaires qu'en font les gens
– montrer le manque d'unité des ministres et personnalités de l'époque
– révéler les pressions que Guéant exerçait et son vrai rôle à l'Elysée (Sarkozy laissait-il Guéant tout faire ? )
… c'est aussi montrer la vraie nature de l'extrême droite, du sarkozysme et du l'entrepôt de la vitrine où tout le monde s'aimait en .. apparence..
Juste avant les municipales, sortir les écoutes de Buisson, c'est montrer que les "couacs" des socialistes ne sont pas pires que ceux de la sarkozye et qu'à la limite, mieux vaut des gens qui disent ce qu'ils pensent devant les français plutôt que des magouilles et des cabinets noirs ..
Voici les textes des écoutes de Buisson:
Extrait d'une conversation entre Buisson et Goudard (un pubard courtisan de Sarkozy):
JEAN-MICHEL GOUDARD : Sans nous, il ne le fait jamais. (NDLR : prendre des décisions)
PATRICK BUISSON : Jamais. Ça c’est sûr. Ça fait quand même trois quatre fois que je reviens à la charge depuis un mois…
JEAN-MICHEL GOUDARD : Ah ouais, ah ouais. Le grand moment, c’est il y a quatre ou cinq jours quand tu balances…
PATRICK BUISSON : … L’immigration.
JEAN-MICHEL GOUDARD : oui.
PATRICK BUISSON : Non mais attends, moi je ne suis pas du genre à subir et à attendre que les autres… Il était temps, il était temps.
JEAN-MICHEL GOUDARD : Plutôt que de faire se demande Pierre (le sondeur Pierre Giacometti, NDLR), qui n’arrivait à rien… Trois heures pour discuter de la strat’… Là on a joué notre rôle vraiment, dans le style de Nicolas. C’est ce qui se passe dans les 8 jours. D’accord, mais il y a un vrai tournant politique.
JEAN-MICHEL GOUDARD : Et quelque part on revient aux fondamentaux.
PATRICK BUISSON : Ah bah On revient aux fondamentaux. Pas quelque part. C’est pour ça qu’il ne faut pas qu’il émascule le propos sur les périls. Et l’autre la, le Pierre, dire « oui mais l’intégration »… c’est ça. Au moment où…
JEAN-MICHEL GOUDARD : Il est gentil euh Nicolas… Quand il a discours bouclé, il veut encore rajouter un truc qui rassemble, le rassemblement etc… entre toi et moi… ça n’a rien à foutre là..
PATRICK BUISSON : Mais rien à foutre, et l’intégration non plus. Au moment où il en arrive 500 000 de plus et on n’a pas intégré les six millions qu’on a.
JEAN-MICHEL GOUDARD : c’est un vrai euh… Giscardien.
PATRICK BUISSON : Oui !
JEAN-MICHEL GOUDARD : c’est pas un gaulliste…ben toi t’es pas gaulliste non plus…t’es comme papa…
PATRICK BUISSON : Nooon…exagère pas …gaulliste c’est …le Général de Gaulle, c’est un général de guerre civile… Il a pas hésité à faire tirer…
JEAN-MICHEL GOUDARD : Mais est-ce que tu te sens gaulliste ? Non… Tu te sens ailleurs…
PATRICK BUISSON : Non c’est pas ma référence si tu veux mais en tout cas c’est un homme d’action et puis c’est un homme de décision.
JEAN-MICHEL GOUDARD : C’est quoi ta référence ?
PATRICK BUISSON : Ma référence ? Profondément ? Moi je suis le fils d’un camelot du roi. Je suis monarchiste, je suis royaliste.
JEAN-MICHEL GOUDARD : Enfin les rois…
PATRICK BUISSON : Oui mais d’accord…mais c’est ma culture, voilà.
Extrait d'une écoute de Buisson où Sarkozy parle du remplacement de Fillon
NICOLAS SARKOZY : Remplacer Fillon par Borloo, c’est grotesque. Y’a qu’une seule personne qui pourrait remplacer Fillon aujourd’hui, c’est Juppé. Je m’entends très bien avec Alain. Je ne vous contredis pas. J’essaye de rebondir sur ce que vous dites les uns, les autres. Henri pose une question, donc je fais la jonction avec Jean-Michel et restons calme sur l’analyse quand même parce qu’il risque d’y avoir un décalage entre l’analyse stratosphérique et les décisions sérieuses, professionnelles (BRUIT) Même si Fillon n’est pas décevant, il est comme on le sait. Le fait qu’il disparaisse là, il va s’en prendre plein la gueule.
Extrait d'une écoute de Buisson où Sarkozy et Carla Bruni parlent de leurs sous et immobilier
NICOLAS SARKOZY : Quand j’étais ministre du Budget et que j’invitais monsieur Le Noyer à Bercy… J’étais dans un appartement en location rue Pierre Charon. J’ai payé, parce qu’à un moment tu payes plus rien !
CARLA BRUNI SARKOZY : J’ai toujours pensé qu’il fallait garder…
FRANCK LOUVRIER : Je suis tout à fait d’accord…
NICOLAS SARKOZY : Et nous nous avons une maison en location alors qu’on a trois appartements de fonction.
CARLA BRUNI SARKOZY : Ah oui mais ça c’est parce que je t’entretiens.
(RIRES)
CARLA BRUNI SARKOZY : Et je pensais que j’épousais un mec avec un salaire et … Brouhaha… J’avais des contrats mirifiques et plus rien…A la la la la la…heureusement que après….
NICOLAS SARKOZY : Voilà que je deviens riche en me mariant.
CARLA BRUNI SARKOZY : Après moi je vais les re-signer les contrats. Je vais même pas attendre tellement longtemps… Si je peux me permettre… Un petit contrat à la cool comme ça… On ne va pas faire vendre de l’anti ride à une fille de de 22 ans, vous êtes d’accord ?
(RIRES)
CARLA BRUNI SARKOZY: Julia Roberts 44, Sharon Stone 52, Julianne Moore 53… Tout ça, ça a des contrats mirifiques hein ? Que je ne peux pas accepter pour l’instant…. Ça se fait pas.
NICOLAS SARKOZY : Oh… je vais te dire, mon avenir c’est de devenir Monsieur Ramirez à la caisse.
(RIRES)
CARLA BRUNI SARKOZY : Non, juste que moi je puisse faire mon job, déjà comme ça… pour entretenir… très cher… je vais te dire je suis folle de lui… alors… on perd la tête hein… ?
Extrait d'une écoute de Buisson où Buisson, Goudard défoncent Mercier, Carla Bruni, Roselyne Bachelot et parlent des petites affaires et pressions possibles avec Guéant
NICOLAS SARKOZY : Mais on est mieux ici pour, Carla et moi là, ce week-end, tranquilles.
CARLA SARKOZY : Salut… Au revoir Patrick.
PATRICK BUISSON : (l’embrassant) Je brave l’interdit !
NICOLAS SARKOZY : Oh mais non !
NICOLAS SARKOZY : Ferme la porte.
NICOLAS SARKOZY : Si Brice vous appelle… dites-lui… (BRUIT)…
PATRICK BUISSON (dans la cour) : lever de rideau ; le prologue. Ok c’est bon, je rentre avec Jean Mi.
FRANCK LOUVRIER : Salut !
DANS LA VOITURE : PATRICK BUISSON et JEAN-MICHEL GOUDARD
PATRICK BUISSON : C’est dur hein ?
JEAN-MICHEL GOUDARD : Hein ?
PATRICK BUISSON : C’est dur !
PATRICK BUISSON : Non, non… Sa présence…
JEAN-MICHEL GOUDARD : De venir ici ?
PATRICK BUISSON (chuchotant) : De Carla…
JEAN-MICHEL GOUDARD : Ahhh t’es amusant. Si je la connaissais pas un peu mieux depuis la télé j’aurais trouvé ça….lamentable….interventions percutantes quand même hein…
PATRICK BUISSON : Oui…
PATRICK BUISSON : Elles sont où les caméras (sortie) … Y a des caméras en face… Oh…
JEAN-MICHEL GOUDARD (au téléphone) : Oui, alors, je sors de la réunion, je serai là dans un quart d’heure à peu près. Voilà…
PATRICK BUISSON : Qui soutient-on derrière Guéant ? Il y en a un que je veux voir promu c’est Camille Pascal.
JEAN-MICHEL GOUDARD : Oui bah c’est fait hein… Il va rentrer dans le… C’est Xavier qui le remplace.
PATRICK BUISSON : Ah bon, c’est pas Castex ? C’est Musca ?
JEAN-MICHEL GOUDARD : Non non, c’est Xavier [Musca]. Castex il est tout neuf-là. Non non Xavier il est parfait.
PATRICK BUISSON : Musca il est vraiment mono produit. Il est économie économie.
JEAN-MICHEL GOUDARD : Oui mais heuuuu, il est bien.
PATRICK BUISSON : Tu as quels rapports avec lui ?
JEAN-MICHEL GOUDARD :Très cultivé… Excellents rapports avec lui, humour, la distance, le culot de temps en temps de dire des choses que le président n’a pas envie d’entendre. Pour un an il est parfait.
PATRICK BUISSON : Ouais. Parce que tu vois l’avantage de Guéant, la depuis 3 mois, c’est qu’il connaissait un petit peu les dossiers, notamment pour les affaires auprès du parquet. Il se mouillait un petit peu. Il va falloir expliquer tout ça à Musca, et vite hein parce que…
JEAN-MICHEL GOUDARD : Ouais à moins que tu ne continues avec Claude ?
PATRICK BUISSON : Ouais. Ouais. Ouais. Ouais.
JEAN-MICHEL GOUDARD : Ben ça l’intéresse quand même directement parce que… L’Elysée c’était lui à cette époque-là.
PATRICK BUISSON : Ouais, ouais. Oui mais est-ce qu’il a, en tant que ministre de l’Intérieur, autorité à parler au parquet ? C’est plus facile quand t’es secrétaire général de l’Elysée que ministre de l’Intérieur.
JEAN-MICHEL GOUDARD : Alors c’est Castex. Enfin le secrétaire général c’est Xavier, et Castex c’est son domaine. Tu le connais bien Castex ?
PATRICK BUISSON : Non. Pas du tout.
JEAN-MICHEL GOUDARD : Il est très sympa.
PATRICK BUISSON. Mais c’est les affaires sociales son domaine à Castex ?
JEAN-MICHEL GOUDARD : Ah non je suis bête, attends une seconde, non, non, non, oui je confonds excuse-moi, non c’est …. Excuse-moi.
PATRICK BUISSON : Il est con, il est con.
(SIRENE DE POLICE)
PATRICK BUISSON : Bon… J’ai pas réussi à entrainer la tête de Mercier…
JEAN-MICHEL GOUDARD : Non. C’est logique ce qu’il a dit. C’était euh… On a l’impression qu’il y a une raison forte pour enlever Brice. C’est les résultats…
PATRICK BUISSON : Bon je sais pas avec qui, c’est avec toi que j’ai discuté de Mercier … Pourquoi on s’arrêtait.
JEAN-MICHEL GOUDARD : Oui. Je sais mais en fait euh il faut qu’il soit indiscutable et là les….
JEAN-MICHEL GOUDARD : Mercier. Oui pourquoi ? Parce qu’il est trop gentil avec les magistrats ?
PATRICK BUISSON : Non, mais il est totalement calamiteux.
JEAN-MICHEL GOUDARD : Oui mais il y a plus calamiteux que lui encore.
PATRICK BUISSON : Oui, qui ?
JEAN-MICHEL GOUDARD : Il y a Bachelot.
PATRICK BUISSON : Oui, mais elle arrive à construire des phrases et elle articule
JEAN-MICHEL GOUDARD : Oui, mais elle dit que des conneries.
PATRICK BUISSON : Oui, mais on peut pas tout avoir.
JEAN-MICHEL GOUDARD : J’ai Morano qui m’a appelé hier.
PATRICK BUISSON : Ah moi aussi, mais je l’ai pas prise. Pour savoir s’il y avait un remaniement.
JEAN-MICHEL GOUDARD : Oui
PATRICK BUISSON : Pour voir s’il n’y avait pas quelque chose à gratter.
JEAN-MICHEL GOUDARD : Ouais. Elle n’aime pas Fillon hein ? Tu savais ça ?
PATRICK BUISSON : Non.
JEAN-MICHEL GOUDARD : Et elle déteste Bachelot.
JEAN-MICHEL GOUDARD : Moi je l’aime bien. Morano.
PATRICK BUISSON : Elle est marrante.


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