La DGSE a-telle aussi foiré à propos de Merah ?

C'est Noël à l'envers pour la DGSE. Après le ratage de Somalie, les pieds nickelés de Bulgarie (Délocalisations: même la DGSE n'y gagne pas), les problèmes de chambre d'hôtels, la farce de l'assassinat d'Hugo Chavez, voici que des "révélations" sortent dans Paris Match à propos de l'affaire Merah.

Pour une fois, ce ne sont pas les flics de la DCRI qui passent pour des idiots mais les James Bond de la DGSE:

http://www.parismatch.com/Actu-Match/Societe/Actu/EXCLUSIF-MERAH.-Les-errements-de-la-DGSE-462600/

Dans une note confidentielle, elle aussi déclassifiée, la DPSD
précise que tous les « renseignements ont été partagés avec les services
de renseignement français du théâtre afghan ». La DGSE a t-elle rédigé
ses notes sur seule foi des informations recueillies par la DPSD, ou sur
la base aussi de renseignements collectées auprès de ses propres
sources ? Toujours est-il qu’à la lecture de ces documents, il s’avère
que la DGSE comme la DPSD n’ont fait aucune vérification scrupuleuse
avant de rédiger ces notes.

Dans la note déclassifiée de la DPSD en date du 23 mars 2012, est écrit :

«
Le dénommé Mohamed Merah a fait l’objet d’un renseignement recueilli
par l’antenne contre-ingérence déployée auprès du détachement aérien à
Kandahar fin novembre 2010. « Il (MM) a été accompagné à l’aéroport de
Khandahar le 23 novembre d’où il devait repartir pour New Delhi. »

FAUX,
Merah est repassé par Kaboul et a pris un vol retour pour Paris via
Dubaï comme l’atteste le visa des Emirats Arabes Unis en page 10 de son
passeport.

Dans les notes déclassifiées de la DGSE en date du 23 mars 2012, sont écrits :

«
Le passeport français num 09PF20140 a été délivré en mars 2010 à
Mohamed Merah né le 10/10/1998 à Toulouse, c’est à dire au terroriste
abattu le 22 mars 2012. »

FAUX, il a été délivré sous ce
même numéro mais le 30 juillet 2009. Il possédait bien un passeport
délivré en mars 2010 mais il s’agit de son passeport algérien num
02719420 délivré par le consulat algérien le 20 mars 2010 !

« Les
date, lieu de naissance et adresse ci-dessus ne correspondent pas au
Mohamed Merah, auteur des actions terroristes de Toulouse et Montauban
mais à un autre Mohamed Merah, qui existe bien mais n’a aucun lien avec
les événements du mois de mars 2012 »

FAUX, le passeport
français de Merah dont nous avons pu consulter les photocopies de toutes
les pages est bien établi avec le bon mois et le bon lieu de naissance
et la bonne adresse, le 17, rue du Sergent-Vigné.


« Il était entré en Afghanistan au moyen d’un visa valide. Il avait en
revanche modifié la date et le lieu de naissance sur ce document, qui se
sont ultérieurement révélés être ceux d’un homonyme vivant à […] mais
n’étant pas titulaire d’aucun passeport français. »

FAUX,
le visa touriste numéro 4303, délivré à Douchanbé le 13 novembre 2011
et valable jusqu’au 12 février 2012, figurant page 19 de son passeport
est bien établi au nom de Mohamed Merah né le 10/10/1988 et né à
Toulouse.

« A ce stade on ignore comment Mohamed Merah, de
Toulouse, a eu connaissance des date et lieu de naissance de son
homonyme vivant dans le nord de la France, et comment il a altéré son
passeport en y portant ces éléments. »

FAUX, le seul signe
particulier de son passeport est un trou percé à l’angle gauche dans
lequel il a glissé une ficelle. Pour l’accrocher autour du cou pendant
son périple ?

Concernant son séjour au Pakistan, les notes de la
DGSE ne font pas état des géolocalisations opérées par la NSA à partir
des connexions mails de Merah qui, selon la DCRI, ont permis de
reconstituer le parcours dans le pays de Mohamed Merah.

En
revanche, les services extérieurs précisent dans une des deux notes qu’«
un Français d’origine arabe entré au Pakistan avec un visa aurait été
en contact avec le xxxxxx Harakat-Ul-Mujahideen (HUM) » (mouvement
djihadiste pakistanais proche d’ Al Qaïda).

« Le Français aurait
été accueilli xxxxxx à son arrivée au Pakistan et aurait fait part de
son intention de prendre part au djihad et mourir en martyr. Xxxx
estimons aujourd’hui que l’individu mentionné par la source xxxxx
pourrait être Mohamed Merah. » D’après un spécialiste du contre
terrorisme « la manière dont ces renseignements sont présentés laisse
supposer que la DGSE les a reçus fin 2011 mais ne les lie à Merah
qu’après sa mort »
.

Alors d'après le JDD, le boss de la DGSE serait bientôt viré, comme le fut son homologue de la DCRI.

Virer les patrons c'est bien (pour une fois que l'état donne l'exemple au privé) mais peut-être faudrait-il aussi se poser la question des hommes de l'intérieur.

la DGSE est composée de civils et de militaires. La plupart des militaires qui y travaillent sont des militaires qui n'ont pas de carrière vraiment dorée promise dans l'armée "classique". La DGSE recrute donc des militaires dont une partie non négligeable n'est pas le dessus du panier..

Les civils ? Dans un pays où les classes de populations jeunes ne sont pas assez nombreuses pour remplir toutes les "fonctions" de sécurité (pompiers, policiers, gendarmes, militaires, etc..) la DGSE a-t-elle vraiment le choix de sélectionner ? Ne recrute-t-elle pas par défaut ?

La CIA a réussi à vaincre Ben Laden en changeant son fusil d'épaule et en nettoyant toutes les pratiques issues de la guerre froide.

Ne faudrait-il pas faire aussi ce nettoyage à la DGSE en recrutant des gens qui comprennent notre époque et ont la même façon de penser que les "ennemis" potentiels ?

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