Texte de la lettre de François Fillon à ses amis pour la constitution d'un groupe parlementaire.
Mes chers amis,
Cette
première élection véritablement démocratique de notre mouvement devait
être exemplaire. Si elle ne l’a pas été, c’est parce que, au nom de
l’unité, j’ai accepté que le secrétaire général du mouvement puisse être
en même temps candidat à l’élection à la présidence, ce qui n’aurait
jamais dû être toléré !
Le
résultat, nous le voyons. Jamais la direction nationale de l’UMP n’a
assuré une véritable neutralité dans cette élection. Les moyens de l’UMP
ont été mobilisés au profit exclusif de l’un des candidats. Les
opérations de vote se sont déroulées, dans certains bureaux, dans une
confusion invraisemblable. La commission de contrôle a tout simplement
oublié trois fédérations dans son décompte. La commission des recours a
siégé de manière totalement illégale, avec une majorité de partisans de
l’un des candidats, et a rendu un verdict discrédité avant même d’être
livré.
Au
nom de l’unité, j’ai soutenu la proposition de médiation d’Alain Juppé
permettant un large audit des opérations de vote, et j’avais indiqué que
je me plierais à son jugement. Cela a été refusé par Jean-François
Copé.
Aujourd’hui,
au regard de l’impasse dans laquelle notre parti est enferré, au regard
des fractures qui le menacent, au regard de l’absence de légitimité qui
entoure nos instances, au regard des militants qui ont soif de
rassemblement, de dignité et de clarté, je propose, dans un geste ultime
de conciliation, la seule solution qui vaille, la seule solution qui
soit sage, efficace et démocratique : je propose de revoter.
Militants,
adhérents, élus, sympathisants, responsables de notre famille
politique, partout en France le principe d’une nouvelle élection est
réclamé parce ceux qui veulent sortir de cette mascarade par le haut.
Je demande à Jean-François Copé une nouvelle élection dans trois mois, sous le contrôle d’une commission indépendante.
Parallèlement
à cette demande, je propose aux députés de l’UMP la constitution d’un
groupe parlementaire provisoire, qui aura pour nom « Le Rassemblement
UMP ». Sa vocation est d’exiger que la parole soit rendue aux militants.
Dès lors qu’une nouvelle élection serait décidée dans la transparence,
notre groupe rejoindra le groupe originel de l’UMP de l’Assemblée
nationale.
Nous sommes UMP et nous restons à l’UMP, mais notre voix doit être entendue !
Nous
ne réclamons rien d’autre que de remettre le sort de l’UMP entre les
mains des militants, entre vos mains. Rien n’est plus légitime, rien
n’est plus transparent, rien n’est plus noble que d’en appeler à votre
arbitrage pour résoudre la crise que nous vivons.
Bien amicalement,
François Fillon

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