Le roman vrai de la crise financière

Leromanvraidelacrisefinanciere
La crise financière dont tout le monde parle depuis 1 an semble (enfin) toucher la "vraie" économie et donc devenir dans l’esprit des gens non plus un sujet de salon ou de costumés de la Défense mais un danger réel.
Caracolant en tête des livres consacrés à ce sujet depuis plusieurs moi, le roman vrai de la crise financière (d’Olivier Pastré et Jean-Marc Sylvestre) essaie de décrypter non seulement les caractéristiques de cette crise (par rapport aux précédentes) mais ses origines et ses possibles conséquences.
Comme dans la plupart des livres jetables (qu’on ne lit qu’une fois) actuels, seule la moitié des pages est intéressante (ça serait bien de savoir un de ces 4 à combien de pages les éditeurs obligent les "écrivains" car ça semble pire qu’à l’école des années 60..).
Dans le premier chapitre "il était une fois les subprimes", le roman vrai de la crise financière prend l’exemple d’une immigrée américaine, Rosa, pour bien faire comprendre aux abrutis de lecteurs le problème de l’endettement immobilier des particuliers pas riches aux USA..
On se croirait dans une série US, là où on vous répète 4 fois ce qui est arrivé, arrive et va arriver histoire que vous vous sentiez intelligent et perspicace même si vous avez eu la tête dans le frigo ou les fesses aux toilettes pendant 90% de l’épisode.
En résumé, "subprime" veut dire "sous"  les "primes" c’est à dire que ça caractérise les clients pas très bons potentiellement pour le remboursement des crédits.
Pourquoi accorder des crédits à ces gens ? Simplement parce que les vendeurs de crédits sont rémunérés à la comm SUR LES VENTES DE CREDITS et sans pénalités sur les remboursements effectués ou pas.
Enfin ce qui tient tout le système: la titrisation (procédé bien expliqué au chapitre 7 du livre).. En résumé le vendeur de crédits transforme, à l’aide des banques, les créances qu’il a de ses clients (dont les non solvables) en actifs: les créances sont  mises dans des titres (par exemple des sicav)  et la banque n’a plus des créances douteuses mais des sicav à vendre, ce qui améliore singulièrement son bilan (et donc sa capacité d’emprunt).
Au niveau du particulier, ça s’appelle de la cavalerie ou de l’escroquerie mais  au niveau des costumés de la défense  ou de la city ou  du quartier de l’opéra, cela s’appelle de l’ ingénierie financière.

Sans qu’on sache vraiment pourquoi, le roman vrai de la crise financière mélange tout au long du livre la crise des subprimes avec l’affaire Kerviel alors que celle-ci est plutôt un problème de management, de formation et d’informatique:

  • le management des gens dans les banques est confié à des gens qui n’ont jamais appris à manager d’autres gens et les confondent avec des machines (en sur-estimant et sous-estimant certaines capacités)
  • la formation des gens dans les sociétés de service dont les banques ne prend jamais en compte l’aspect humain
  • l’informatique fournit des usines à gaz, achetées PARCE QU ‘elles sont cher et que donc ça vaut quelque chose (et ça valorise l’acheteur) ET parce que les vendeurs sont des copains ou des gens bien sympathiques mais JAMAIS l’informatique n’est considéré comme un moyen de faire qqch en se concentrant sur le qqch

Revenons au roman vrai de la crise financière: sans trop se mouiller sur les conséquences concrètes de cette crise (alors qu’une des conséquence très concrète que qu’il va falloir payer les pertes, ce qui passe forcément par des impôts supplémentaires), jean-Marc Sylvestre et Olivier Pastré finissent leur livre par 12 recommandations (ont-ils envie de particper à l’ouverture sarkozyste ? 😉
Le simple fait de préciser ensuite qu’elles ne sont pas des "yakafokon" entraine à justement le considérer car concrètement que peut valoir une affirmation aussi générale que "inciter les banques centrales à plus de réactivité et à une plus grande sélectivité dans la mise en oeuvre de leurs instruments d’intervention" ??
Gardez d’ailleurs si vous avez des responsabilités, cette phrase en tête car vous pourrez la ressortir à n’importe quelle occasion:
Le jour de l’an, à vos sbires: les amis, cette année, je souhaite qu’on fasse preuve de plus de réactivité et d’une plus grande sélectivité dans la mise en oeuvre de leurs instruments d’intervention"
Devant votre PDG: "Monsieur, J’ai mis en place tout un système pour plus de réactivité et une plus grande sélectivité dans la mise en oeuvre de leurs instruments d’intervention"

En résumé, le roman vrai de la crise financière: 298 pages dont 50 d’intéressantes si vous voulez bien comprendre,  150 si vous voulez briller dans les cocktails et le reste  si vous avez un devoir à faire sur  les discussions économiques de café du commerce en France en 2008 😉

Enfin, quand on écoute Jean-Marc Sylvestre à la radio ou à la télé, on se dit que ce qu’il préconise tous les jours est aussi responsable …
Et ce livre a été lu par quelques nounours grâce à l’opération BABELIO
Babelio

 

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Newsnours

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture