Sarkozy a signé la fin de la récré et tente via la milice de la DPSD de savoir qui a osé publier sous le nom de Surcouf dans le Figaro une critique de ses non vues sur l’avenir de la défense du pays.. mais cela n’empêche pas d’autres militaires de publier des critiques. Voici l’une d’entre elles, publiée par un officier d’aviation:
Livre blanc sur la Défense
Une réflexion sous influence ? – Lecture
critique
Peu de temps avant sa disparition il nous fut donné le
privilège de rencontrer en réunion restreinte l’ambassadeur de France, Gilbert
PEROL (1), qui fut pendant cinq ans, de 1962 à 1967, chef des services de presse
de l’Elysée, auprès du Gal De Gaulle. Comme on lui demandait ce qu’il avait
retenu de ces quelques années, il nous répondit:
"Les règles simples qui
guidaient l’action du Général:
· Des objectifs clairs et
réalisables
· La netteté dans la décision
· La fermeté
dans l’application "
À l’aune de ces principes d’un chef d’État, le
lecteur du Livre blanc sur la Défense, version 2008, subit un choc.
Là où
l’on attend un document sur une fonction régalienne essentielle pour un grand
pays dépositaire de la plus ancienne Histoire de l’Europe, un acte politique
fort, on découvre un travail du niveau d’un cabinet de consultants, manquant de
pertinence, catalogue décousu, où est abordée une multitude de questions qui
n’entrent nullement dans le champ de la mission des Armées.
La confusion
s’installe dès la préface du Président de la République, où apparait que l’on va
traiter les missions de certaines Directions du Ministère de l’Intérieur, en
plus de la politique économique. On s’attend à lire un rapport centré sur le
rôle des Armées venant en appui d’une politique étrangère et l’on se trouve
devant un inventaire fourre-tout, aggrégats que les rédacteurs n’ont même pas
pris la peine de mettre en cohérence.
On peut légitimement s’interroger si un
tropisme américain qui envahit tout, n’a pas poussé à imiter sans le recul
nécessaire, cette super administration qu’est le US Department for Homeland
Security.
L’écriture à plusieurs mains est évidente sans que la rédaction de
l’ensemble n’ait pris la peine de donner une unité au travail final, nous
faisant passer indifféremment d’exposés synthétiques à des détails sans
intérêts.
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(1) La grandeur de la France, Gilbert PEROL;
Albin Michel Septembre 1992
De manière évidente transparaissent aussi des
théories à la mode, prenant leurs sources chez des organismes de consultants,
émanations ou pâles copies de "think tanks" américains, qui sont surtout en
recherche de chiffres d’affaires, si l’on en juge par le siège qu’ils font des
entreprises du secteur privé.
Analyse des risques et des
menaces
Si la logique a heureusement prévalu, en débutant la réflexion avec
une tentative d’analyse des risques et des menaces, pour en déduire le niveau
d’équipements nécessaires, leur nature et le format des unités, on reste très
vite sur sa faim. Alors que notre pays possède des centres d’analyses de très
haut niveau, tant au Quai d’Orsay, qu’au Ministère de la Défense et à Matignon,
on retrouve dans les développements du document des rédactions qui sortent
manifestement de cabinets de consultants, qui malheureusement diffusent des
évaluations approximatives quand cela ne bascule pas dans la désinformation pure
et simple, usant de néologismes particulièrement hermétiques (2)
L’utilisation abusive du terme "globalisation" obscurcit l’analyse; là où il
faut au contraire procéder à l’examen précis et détaillé de chaque situation, en
prenant soin de définir le périmètre que l’on étudie.
On lit des
déclarations péremptoires (P. 35 & 36) sur la supériorité technologique et
économique américaine assurée jusqu’en 2025, affirmations qui proviennent
clairement de la boule de cristal, d’autant que les Etats Unis eux mêmes n’en
sont pas sûrs du tout …
L’exercice repousse la prééminence de
la Chine et de l’Inde aux quinze années à venir. C’est absolument excessif et ne
correspond pas à la réalité, dans une situation où des ruptures sont nettement
visibles sur des échéances de cinq années. Les économies brésiliennes, russes,
chinoises ou indiennes ont vu leur poids quadrupler en sept ans. Aujourd’hui,
19% de la capitalisation boursière des 1000 premières entreprises mondiales,
contre 5% en 2000, est originaire du Sud. Alors qu’ils étaient initialement
destinataires des investissements occidentaux, les pays émergents se
transforment en conquérants des marchés
internationaux.
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(2) la résilience est un terme de
technologie désignant la résistance à la rupture d’un métal; par extension les
informaticiens l’emploient pour évaluer la résistance d’un réseau / système et
sa capacité à retrouver rapidement ses fonctions en cas d’attaque ou de
destruction; mais il est surtout utilisé en … psychiatrie, pour décrire la
capacité d’un patient à récupérer ses facultés après une dépression; les
consultants en sécurité se l’accaparent de plus en plus sans avoir les mêmes
définition d’un cabinet à l’autre.
À l’heure actuelle, parmi les entreprises
les plus performantes de ce classement mondial, 221 sont issues des pays
émergents contre une centaine seulement en 2000. De plus, 8 groupes issus du Sud
figurent parmi les 20 premières capitalisations boursières mondiales. Les BRIC –
Brésil, Russie, Inde et Chine – recensent plus de 50% de ces nouveaux poids
lourds. Les performances opérationnelles et financières des « géants » des pays
émergents seraient devenues comparables, voire meilleures que celles de leurs
concurrents occidentaux. Comprenez: ces entreprises s’agrandissent plus vite et
sont plus rentables que leurs grandes soeurs. Ainsi, le taux de croissance moyen
annuelle sur 5 ans du chiffre d’affaires des groupes en provenance de pays
émergents est aujourd’hui près de 3 fois plus fort que celui des entreprises
issues de pays développés.
Sur les 10 premières firmes mondiales par la
capitalisation boursière en octobre 2007, 4 sont chinoises. Sur les 4 premières
banques mondiales, 3 sont chinoises.
Cédant probablement à une
mode, on décèle un parti pris et une prévention contre la Russie, alors qu’elle
est l’alliée naturelle de la France. Alexandre Adler, qu’on ne peut pas accuser
d’anti-américanisme, faisait ressortir dans un éditorial que " La vérité toute
simple, c’est que l’intérêt géopolitique de l’Europe continentale – France et
pays latins, tout comme Allemagne et pays germaniques – diverge nettement de
celui des États-Unis et peut-être même de la Grande- Bretagne. Pour I’Amérique,
en effet, une dépendance accrue des Européens en matière de pétrole et de gaz du
golfe Persique nous oblige à partager les mêmes impératifs de sécurité au Moyen
– Orient que Washington. Mais nous pourrions très bien nous affranchir pour
I’essentiel de toute dépendance saoudienne en établissant un partenariat
définitif, pétrolier et gazier, avec la Russie. Les manoeuvres américaines pour
empêcher ce partenariat ont donc un sens bien précis, surtout lorsqu’elles
proviennent du complexe militaro-énergétique, dont le vice-président Cheney est
aujourd’hui encore le chef de file" (3).
Sur un autre grand
sujet, il est particulièrement maladroit de pointer du doigt l’islam comme
adversaire, dans quelques formulations peu subtiles, enfourchant ainsi les
thèses américaines les plus éculées sur la protection de l’Occident. Une telle
démarche n’est pas la tradition diplomatique de la France et n’aboutira qu’à
nous mettre définitivement hors jeu vis à vis des pays arabes.
Il
a été inévitable de parler du programme nucléaire de l’Iran, éventuellement en
recherche de l’arme de non-guerre par excellence, alors qu’on ne sait toujours
pas à quel titre on lui interdirait de s’en doter, et alors que cela ne dérange
personne qu’un
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(3) Le Figaro 5 avril
2008
Pakistan aujourd’hui totalement déstabilisé, abritant les théoriciens
les plus radicaux de l’Islam, détienne le feu nucléaire
.
Il a
fallu sacrifier à la mode de parler d’Al Qaida comme s’il existait une
organisation structurée d’où partiraient les ordres pour la guerre sainte.
L’excellent spécialiste Xavier Raufer rappelle pourtant régulièrement qu’il
insiste souvent auprès de ses amis américains pour qu’on lui montre un document
où le terme serait utilisé; à ce jour il n’en a jamais lu. Il s’agit en fait
d’un concept commode (mais "global") pour éviter de dénoncer les multiples
dérives du fondamentalisme musulman.
Enfin dans une description
de tous les malheurs du monde, on invite le lecteur à une pseudo analyse sur le
réchauffement climatique, les pandémies, les grands trafics criminels, les
hackers. Il n’est pas sûr que la liste soit exhaustive, mais Prévert est dépassé
! Et l’on en revient à la question: quel rapport avec les missions de l’Armée de
la nation ?
Sur l’OTAN et l’Europe
Inutile d’épiloguer sur
l’aberration qui consiste à s’auto-convaincre que l’on détachera nos partenaires
européens de la sphère américaine, parce que la France demandera (quémandera ?)
des sièges au commandement intégré. Avant de se précipiter il aurait été logique
que l’on exige une redéfinition de la nature de l’OTAN comme le demande
régulièrement Hubert Védrine.
Le document décline une série de cruelles
contrevérités et d’affirmations régulièrement démenties par les faits.
Il est
faux de dire que l’on gardera une liberté de décision. Est elle si loin la
campagne ignominieuse déchaînée contre notre pays par la presse de Robert
Murdoch, hélas relayée en France par le lobby américain jusque dans l’Assemblée,
lorsque nous avons refusé, avec juste raison, de participer au hold up sur le
pétrole irakien ?
Il est vain d’essayer de faire croire qu’en empruntant
cette voie la France gardera les degrés de liberté qu’elle peut légitimement
revendiquer, alors qu’il suffit de regarder le traitement des crises des vingt
dernières années.
Quant à l’industrie d’armement, comment avons nous retenu
les Polonais d’équiper leur aviation militaire avec des appareils américains
?
Gardons à l’esprit qu’en 60 ans nous avons développé 100 prototypes
militaires et vendus 6000 avions de combat à 36 pays ce qui constitue un cas
absolument unique dans l’histoire de l’aéronautique de combat, position
inacceptable pour les Etats Unis, et désormais attaquée.
Il est crucial pour
les Américains d’installer un monopole de l’industrie de défense et nous ne
pourrons pas nous y opposer en nous plaçant sous leur contrôle.
Un déluge de
propagande essaie de culpabiliser ceux qui persistent à faire référence aux
grands principes de politique étrangère des années 1960, accusés d’avoir une
guerre de retard ou de ne pas être "modernes". Qu’ils se rassurent, ils ne sont
pas seuls et nous sommes nombreux à penser que l’atavisme des peuples est une
vraie constante de l’Histoire, peut être même la seule.
Le
Renseignement
Les commentateurs ont fait grand cas de l’accent mis sur le
Renseignement. Or le Ch. 8 nous offre le meilleur mais aussi le pire. Notons
tout d’abord que le renseignement en France a toujours été depuis des temps très
anciens, de bonne qualité et particulièrement performant. Que des décideurs n’en
aient pas toujours fait bon usage est un autre débat qui ne remet nullement en
cause les succès des missions.
L’Académie du Gaullisme vient de rappeler
sèchement à monsieur Hervé Morin que la France n’a pas débuté son Histoire en
2007, et que devant les chiffres farfelus du ministre sur les capacités de
projection depuis 1945, il convenait de respecter la Vérité Historique. Les
archives existent sur le remarquable travail des Français en Afghanistan pendant
toute les années de l’invasion soviétique. Ce serait utile de s’y référer pour
en tenir compte aujourd’hui.
Il est légitime de vouloir étendre les
dispositifs de surveillance spatiale, de renforcer tous les moyens techniques
d’interception en suivant l’évolution rapide des technologies. N’ayons cependant
aucun doute sur l’utilisation qui en sera faite: supposons que les moyens de la
France démentent absolument tout programme d’armement nucléaire en Iran, mais
que les Américains et les Israéliens décident de bombarder ce pays, la France
sera dans l’impossibilité de s’y opposer, en aurait elle d’ailleurs la volonté.
Comme nous avons subi quasiment sans réagir la propagande de 1990 sur l’Irak
4ème armée du monde, ou sur les armes de destructions massives en 2002.
Mais
surtout, ce Ch. 8 est là encore un regrettable fourre-tout dont on doute
beaucoup qu’il a été rédigé par des professionnels de la matière.
Première
erreur, rapprocher artificiellement le fonctionnement des différents services de
la République alors que leurs missions sont profondément différentes. Les
objectifs du TRACFIN, qui est à Bercy ne sont absolument pas les mêmes que ceux
de la DGSE, lesquels sont très différents de ceux de l’ensemble DST-RG pourvus
d’un pouvoir de police judiciaire et de coercition; même s’il se produit quelque
fois des recouvrements dans les missions. La réforme de dépendance hiérarchique
est absolument sans intérêt, relève du gadget et ne participera pas à améliorer
la qualité du travail.
Pour ne parler que des services dépendant du Ministère
de la Défense, seul objet de ce document, le coût et les investissements
nécessaires sont relativement faibles rapportés aux importants retours sur
investissement souvent mesurables.
Il est dommage qu’il n’ait pas été fait de
distinguo entre le traitement d’informations ouvertes, et la recherche
d’informations secrètes; de même que la différence de nature entre le
renseignement et la surveillance du champ de bataille (donc le renseignement
militaire type DRM), et l’analyse quotidienne des situations de géopolitique
(type DGSE). Le texte s’égare à parler des sources humaines. Étonnante
digression; c’est perdre de vue que le renseignement est un acte de guerre, le
seul permanent, et que recruter une source, c’est fabriquer un traître; il n’y a
pas de place pour une dissertation sur un tel sujet. Sinon qu’il est connu que
les procédés se sont perdus à la DGSE, dont 98% de la production proviennent
d’interceptions techniques, et qu’au prétexte de se joindre à la lutte contre le
terrorisme, ce service est désormais totalement inféodé à la Centrale
américaine.
Mais on se doit de relire plusieurs fois la P. 142 qui aborde "un
cadre juridique adapté".
Depuis qu’existe la nécessité de recueillir "La
Connaissance Préalable" (4) c’est à dire depuis la nuit des Temps, tous les
praticiens de cette activité savent qu’il n’existe que deux moyens d’obtenir de
l’information: ON L’ACHÈTE ou ON LA VOLE.
Par essence la fonction officielle
d’un service de renseignement est l’obtention d’informations non accessibles en
usant extensivement de moyens illégaux. Dès lors on comprend mal le galimatias
qui nous est proposé en soulevant des questions de protections de sources ou des
identités fictives, par voies judiciaires !
Par ailleurs, est il acceptable
de prendre en compte l’éventualité de perquisition, par des magistrats, de lieux
de pouvoirs de l’Etat, ou de zones classifiées comme s’il s’agissait d’un
fonctionnement normal de la justice ? Dans le dossier de corruption BAE / Arabie
Séoudite, Tony Blair ne s’est pas privé en plein Parlement de bloquer l’enquête
au nom de la Raison d’État. Est ce que l’expression serait devenue un gros mot
?
Dans la même page on insiste sur le renforcement du secret de défense
nationale, alors qu’est dévoilé peu après (P. 172) le durcissement des
transmissions de l’ordre présidentiel vers le feu nucléaire, sujet hautement
classifié s’il en est.
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(4) L’art de la guerre ;
SUN TZU stratège chinois 500 av. J.C.
Sur le nerf de la guerre, les
budgets
Contre toute évidence, et contre tout ce qui a été dit et écrit, les
tenants d’un asservissement aux Etats Unis soutiennent que la contrainte
budgétaire ne fut pas le fil conducteur de ces travaux, alors qu’au contraire ce
fut le paramètre essentiel (5) et (6).
Il n’est évidemment pas question
d’augmenter la dette du pays, par nature transmise aux générations montantes, et
dont la charge est le second poste budgétaire annuel.
Mais le hasard du
calendrier nous donne à lire un dossier accablant du Pr. Jacques Marseille sur
la gabegie à 24 milliards € de la formation professionnelle (à la Une du Point
du 19 juin 2008). Simple rappel que les gisements de budget existent, qu’aucune
réforme de fond ne s’est réellement préoccupée du train de vie de l’Etat, et que
la Défense reste une variable d’ajustement selon la sordide expression
consacrée.
En réduisant son format dans des proportions aussi massives,
disons clairement qu’elle n’est plus une priorité et qu’on la met en d’autres
mains. En retirant les coûts des pensions et autres postes qui n’irriguent pas
directement les fonctionnements opérationnels, la recherche, et les équipements,
on aboutit à un budget réel de 1,5 % du PIB. À un tel niveau cela signifie que
l’on n’a plus de Défense indépendante et que l’on s’en remet aux Etats
Unis.
Beaucoup d’observateurs soupçonnent une tentation d’aller vers plus de
privatisation et d’externalisation, mouvement déjà enclenché depuis plusieurs
années.
Pouvait on écrire autre chose ?
En ayant la curiosité de
comparer avec le rapport de 1994 signé par Edouard Balladur et François Léotard,
on découvre que le document est passé de 160 pages avec 9 chapitres à 325 pages
avec 18 chapitres.
Dès lors on ne peut que regretter que ne figure pas celui,
essentiel, qui aurait dû être positionné en préambule, avec force détail et bien
avant le projet de rejoindre la guerre des étoiles: tout simplement une
photographie précise de la situation
actuelle.
___________________
(5) Thérèse DELPECH et François
HEISBOURG Le Monde du 19 juin 2008. S’agissant de la première on peut se
demander à quel titre elle fut consultée; agrégée de philosophie, elle n’a
aucune compétence établie en ces matières et reste surtout connue pour son
fanatisme; aujourd’hui fervente partisane d’un bombardement "préventif" de
l’Iran, elle a occupé les media en 2002 jusqu’à l’invasion américaine, pour
étaler sa certitude de l’existence d’armes de destruction massive en Irak; avec
de tels experts …
(6) … et leur collègue Bruno TERTRAIS, sur la même
ligne, La Tribune du 17 juin 2008.
À l’heure où l’on envoie en
Afghanistan des unités dont chacun sait qu’elles sont sous-équipées, où il se
murmure que le manque de pièces détachées (faute de budget) cloue au sol 3
Rafales sur 4 pour cause de "cannibalisation" (en l’espèce on ne parle pas de
vétusté …), et qu’il en est de même pour les matériels de combat de l’Armée de
Terre, cet état des lieux aurait utilement éclairé le Citoyen.
Le document
invoque l’adhésion de tous ? Quelle meilleure pédagogie que de braquer les
projecteurs sur la disette.
Le devoir de mémoire
Il invoque aussi le
devoir de mémoire avec la juste place que tient la commémoration du 11 novembre,
fin du premier holocauste européen de la première guerre industrielle.
Nous
étant rendus avec des camarades, au printemps 2006, à Douaumont, pour nous
recueillir au 90ème anniversaire du début de la bataille de Verdun, nous avons
eu la tristesse de voir le médiocre entretien des plaques commémoratives sur les
forts, à commencer par celle du beau poème de Paul Valéry à l’entrée du
mémorial
Tous vinrent à Verdun comme pour y recevoir je ne sais quelle
suprême consécration … Ils semblaient par la voie sacrée monter pour un
offertoire sans exemple à l’autel le plus redoutable que jamais l’homme eut
élevé
Chaque année à cette date, les Britanniques, du Souverain au plus
humble, portent un coquelicot pendant plusieurs jours en souvenir du carnage de
la Somme.
Dans nos villages désertés nos monuments aux morts ne sont
plus entretenus.

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