La défense d’Yvan Colonna a cité comme témoin Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée.
Christine Colonna affirme de son côté que son frère « est plus que jamais déterminé à prouver son innocence. »
Elle dit attendre du procès que « la vérité éclate, que le scénario des événements soit clairement décortiqué, que l’on fasse la lumière sur certaines zones d’ombres, que l’on explique les gardes à vue, les déclarations et les rétractations de certaines personnes. »
Les avocats d’Yvan Colonna, Pascal Garbarini, Antoine Sollacaro, Gilles Simeoni et Yves Dehapiot, menacent pour leur part de déposer plainte contre Claude Guéant si l’homme de confiance de Nicolas Sarkozy refuse de venir témoigner au procès (ils ont envoyé une citation par l’intermédiaire d’un huissier de justice, qui l’a remise vendredi à un garde à l’Elysée)
Interrogé sur cette demande, David Martinon, porte-parole de Nicolas Sarkozy, a indiqué que l’Elysée ne faisait aucun commentaire sur les questions de justice.
La défense s’appuie sur un article du magazine Le Point qui affirme que Claude Guéant a convoqué à l’Elysée fin octobre Roger Marion, ancien patron de la police antiterroriste et témoin-clef de l’audience, pour évoquer sa déposition au procès.
« C’est complètement illicite et c’est encore une fois attentatoire à la loyauté des débats et aux droits de la défense. M. Roger Marion est convoqué par sa hiérarchie et on peut imaginer que des pressions ont pu être exercées. C’est attentatoire à la séparation des pouvoirs », a dit Pascal Garbarini dimanche à Reuters.
Roger Marion, qui dirigeait l’enquête, en qualité de patron de la Division nationale antiterroriste (DNAT), sur l’assassinat du préfet Erignac, a été mis à l’écart et orienté vers une carrière préfectorale par Nicolas Sarkozy lorsque ce dernier est arrivé place Beauvau en 2002. Il est aujourd’hui affecté à l’Inspection générale de l’administration.
Le site backchich publie aujourd’hui un article sur les premières épreuves du livre de Roger Marion, patron de l’anti terrorisme au moment des faits et tombé en disgrâce depuis. Et le bon Roger, surnommé par ses troupes « Eagle Four » ( parce qu’ « il-gueule-fort »), n’a jamais eu la réputation de macher ses mots. Ce qu’il admet lui même puisque son bouquin s’intitule justement… « Eagle Four ». La thèse que ce grand flic défend dans ce brûlot, qui devrait être dans toutes les librairies le 22 novembre, est explosive : rien, écrit-il en substance, ne confirme, ni n’infirme, la culpabilité d’Yvan Colonna.
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