Henri de Castries Axa au gouvernement .. avec les mines anti-personnelles ?

Henri de Castries, PDG d’AXA, est évoqué pour entrer au gouvernement fillion. On ne sait pas si c’est à la place d’Alain Juppé mais ce qu’on sait en revanche depuis longtemps c’est qu’AXA est une société qui investit dans des sociétés qui fabriquent des mines anti-personnelles. (même si son PDG, Henri de Castries, joue sur les mots en disant qu’il n’investit plus mais gère les actions de ….)

Bel effort d’ouverture, de respect d’autrui (et de la vie d’autrui), d’éthique.. bref de tout ce qui fait le coeur du national Sarkozysme..

Extrait du site d’Amnesty international sur Axa:

Amnesty s’oppose depuis juin 2006 au groupe financier qui investit dans les mines
antipersonnel et les bombes à sous-munitions. Axa invoque notamment l’intérêt du client
et… les droits de l’Homme. Confrontation de deux stratégies.

L’ONG belge Netwerk Vlaenderen avait levé le voile en 2005 : AXA investit, directement ou indirectement, dans des entreprises productrices de mines antipersonnel et de bombes à sous-munitions. Depuis juin 2006, Amnesty International tente d’infléchir cette politique. Or, situation tristement ironique : Amnesty France et Handicap International étaient assurés par… AXA. Les deux ONG ont donc résilié leur contrat le 1er mars 2007.
Contraint au dialogue, le groupe AXA, qui se présente comme le leader mondial de la protection financière, a pris les engagements les moins satisfaisants par rapport aux quatre autres entreprises épinglées par l’ONG belge (Dexia, Fortis, ING, KBC). Certes, il a décidé de ne plus investir dans les mines antipersonnel pour compte propre en mai 2006 – les investissements qu’AXA effectue avec ses propres fonds. Amnesty souhaite que la même règle soit appliquée aux investissements pour compte de tiers, c’est-à-dire pour les produits financiers proposés aux clients : portefeuilles d’actions, sicav, etc.
Quant aux bombes à sous-munitions (BASM), rien n’est prévu car ce système d’armement n’est pas illégal. Mais AXA a pris acte de la décision finale de la Conférence d’Oslo du 23 février 2007, au cours de laquelle 46 États, dont la France, se sont engagés à l’élaboration d’un traité les interdisants d’ici la fin 2008 (lire p. 3), et « poursuit l’analyse de ce dossier ». Une réflexion sans doute difficile à mener car, selon Netwerk Vlaanderen, AXA aurait investi, en 2006, 5,5 milliards de dollars dans treize compagnies fabriquant des BASM. Enfin, quelle que soit la destination des investissements gérés pour compte de tiers, ils ne devraient pas cesser car « l’intérêt [des] clients » prévaut.
Discours d’entreprise
Les deux parties en présence ont développé un argumentaire bien rôdé. Selon Amnesty, les armes à sous munitions violent le droit international humanitaire. Dispersées par voie aérienne ou terrestre sur de larges surfaces, certaines n’explosent pas à l’impact et constituent une menace comparable à celle des mines antipersonnel. L’ONG appuie également sa stratégie sur la Convention d’Ottawa, signée en 1997 par 155 États dont la France, qui interdit la fabrication et le commerce des mines antipersonnel proprement dites. Mais ce « dans les pays signataires », comme ne manque pas de le relever AXA.
Question tactique toujours, le groupe financier n’a pas froid aux yeux, soulignant que « les entreprises de défense sont nécessaires au soutien de la démocratie et à la défense des droits de l’Homme ».
AXA affirme également son attachement à la Déclaration universelle des droits de l’homme. Afin que ce discours « d’entreprise responsable » colle un peu plus à la réalité, Amnesty et Handicap International ont mobilisé l’opinion publique au moyen de cartes-pétitions et d’une cam-pagne sur Internet.
Antoine Pateffoz

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