Libération d’aujourd’hui publie un article très intéressant sur les relations entre Sarkozy et Bolloré:
On y apprend au passage que la famille de Léon Blum a démenti le fait que l’ancien ait passé des vacances chez Bollolo en revenant de captivité… mais il y a surtout un passage intéressant de l’article, ni faits ni analyse mais qui donne bien des idées…
«Nicolas Sarkozy n’est pas le représentant d’une droite décomplexée sur les questions d’argent, relève Jean-François Probst, ancien conseiller de Jacques Chirac, mais, au contraire, d’une droite complexée : c’est pourquoi Sarko est attiré par les nouveaux riches, d’où son côté show-off, tape-à-l’oeil et montre de luxe au poignet.» Il était fait pour rencontrer Vincent Bolloré et ses yachts toujours plus longs ( Caramba , 22 m, Albacora of Tortola , 44 m, Paloma , 60 m) au gré de son ascension financière. Les deux hommes, toujours un pied dans l’establishment, un pied en dehors, ont exactement le même positionnement sur l’échiquier l’un en politique, l’autre en affaires : sniper institutionnel, gagnant sur (presque) tous les tableaux.
Copinage. A témoigner aussi ouvertement de leurs accointances, Bolloré et Sarkozy font le pari d’une réconciliation entre République et business, au risque d’attiser les soupçons de copinage. Il n’a pas fallu plus de vingt-quatre heures d’escapade maltaise pour que le Tout-Paris bruisse d’un rachat de TF1 par Bolloré, Bouygues se recyclant dans le nucléaire ; Sarkozy privatisant Areva à son profit… Risque judiciaire aussi : si le yacht prêté gratuitement au futur président de la République appartient à Vincent Bolloré à titre personnel (dont la radinerie est pourtant proverbiale), l’avion l’ayant acheminé dans l’île est immatriculé au nom du groupe Bolloré, société cotée en Bourse. En 2004, un actionnaire avait porté plainte en vain pour abus de biens sociaux contre l’usage à titre privé de la flotte Bolloré (des membres du conseil d’administration ne payaient que 2 103 euros l’heure de vol). Avis aux amateurs : plus que quelques jours avant l’impunité présidentielle.

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