Un article qui résume tout dans Le Monde.
Rappelant les dernières déclarations du candidat de l’UMP sur le caractère « génétique » de la pédophilie ou du suicide des jeunes, M. Bayrou a observé que « cette thèse anti-scientifique et anti-humaniste (…) remet en cause les valeurs communes autour desquelles a été construite la société française ». Dans l’avion qui le ramenait de Corse, samedi 7 avril, le candidat UDF confiait aux journalistes : « Sarkozy va sur le terrain de Le Pen. Or il y a un grand nombre d’électeurs qui hésitent entre lui et moi et qui ne vont pas le suivre sur ce terrain. » M. Bayrou est convaincu que le choix de Nicolas Sarkozy de « jouer l’affrontement » peut lui aliéner une partie de l’électorat modéré : « La société française a besoin de stabilité et d’optimisme », dit-il, ajoutant que « les deux autres candidats, chacun, portent une inquiétude : Sarkozy parce qu’on sait où il va, Royal parce qu’on ne le sait pas ».
Les allusions au caractère « anxiogène » de l’ancien ministre de l’intérieur n’ont également pas manqué dans le camp de Ségolène Royal. « La question de son aptitude est posée », a lancé Arnaud Montebourg, l’un de ses porte-parole.
« Sarkozy est un écorché vif. Il ne peut vivre que dans la tension », affirme en écho Julien Dray, conseiller spécial de la candidate socialiste. Celle-ci, qui a signé la fin des hostilités frontales avec son rival UMP, a saisi les occasions offertes par son déplacement dans le Sud-Ouest pour souligner « la brutalité » du projet de celui qu’elle désigne comme « le candidat sortant », en opposant sa vision d’une « France de la réconciliation » à celle d’une « France de l’affrontement ».
Ségolène Royal a en revanche prudemment abandonné aux scientifiques « le soin de commenter les propos de M. Sarkozy sur le caractère héréditaire de la pédophilie ». « Si, moi, je m’étais permis de dire des énormités pareilles… », s’est-elle contentée d’observer – mais elle n’exclut pas de relancer le sujet en faisant appel à une « voix autorisée » qui pourrait être celle de Bernard Kouchner.
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Tout en dénonçant « le retour des procès en sorcellerie », les proches de M. Sarkozy lui conseillent de « prendre de la hauteur ». Henri Guaino, sa plume, s’est attelé à la rédaction d’un discours « rassembleur et gaullien » que le candidat devrait prononcer mardi 10 avril à Tours, la veille de l’intervention que Ségolène Royal a prévue à Metz sur les institutions et les fonctions régaliennes du chef de l’Etat, en présence de l’ancien garde des sceaux de François Mitterrand, Robert Badinter.

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