Les contribuables doivent-ils continuer à financer les voitures électriques de Bolloré ?

Que le gouvernement soit de droite ou de gauche, que le président de la République se prélasse sur son yacht ou pas, Bolloré continue de faire des affaires grâce aux pouvoirs publics et à l’Etat et donc avec l’argent des contirbuables.

Ne parlons même pas de l’empire africain que s’est construit Bolloré grâce à la puissance locale de l’armée française et à la diplomatie française, bien souvent utilisées directement pour enrichir UN particulier, Bolloré.

Ne parlons pas des subventions ou autorisations publiques qu’a obtenues Bolloré dans la communication, domaine qu’il a construit pour l’avenir de son fils, et où avec rien mais beaucoup de lobby, il est parvenu par exemple à avoir la moitié des licences wimax (sans aucune expérience du secteur) ou des fréquences de radio et télé (sans aucune expérience du secteur non plus) qu’il a ensuite revendues (sans audience et malgré des incompatibilités juridiques) pour s’offrir le pouvoir de Vivendi et de Canal+.

Parlons de la voiture électrique de Bolloré.



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Si Bolloré réécrit son histoire en inventant de lointaines compétences pour fabriquer des batteries, la BlueCar a été faite à partir de rien.

Bravo au pari technologique mais était-ce vraiment un pari ? Bolloré savait en effet dès le départ qu’il aurait les appuis nécessaires pour faire payer d’argent public ses « inventions ».

Installé à Paris, Autolib’ a coûté 25 millions d’euros à la ville de Paris, donc aux contribuables parisiens dès le départ.

Personne n’a juge bon d’ailleurs de contester la PRIVATISATION GRATUITE des bords de rues par les BlueCars de Bolloré qui ont du s’installer à l’air libre car personne ne savait et ne sait non plus maintenant comment respecter la sécurité et les précautions en cas d’incendie de ces voitures électriques dans les parkings fermés où initialement elles devaient être.

500 stations d’Autolib’ initialement prévues en surface à Paris accaparent 12,5 km de voirie ! Et Bolloré ne paie RIEN à la ville pour ceci, alors que tout parisien connait le prix d’un contravention pour 10 minutes d’occupation de voirie …

En cette fin d’année, combien de kilomètres de voirie Bolloré occupe-t-il gratuitement ??

Bolloré répète de partout que ses batteries lithium-métal-polymère sont moins dangereuses que les batteries électriques classiques. Pourtant, les batteries électriques de Bolloré lithium-métal-polymère prennent aussi feu, y compris dans son usine ( cf http://www.lepoint.fr/automobile/actualites/finistere-des-batteries-au-lithium-en-feu-dans-l-usine-de-bollore-25-02-2014-1795642_683.php ) ou dans les rues de Paris  cf  http://www.moteurnature.com/actu/uneactu.php?news_id=27162

Autolib-en-flammes

Si les voitures électriques de Bolloré étaient dans des parkings, il faudrait selon la loi en vigueur 15 mètres entre chaque voiture. Et en cas d’incendie, les pompiers devraient savoir AVANT d’agir, de quelle batterie il s’agit car un produit anti-incendie dans un ecas peut se révéler pire d’un autre dans un autre cas.

Voir à ce sujet l’étude http://www.usinenouvelle.com/article/l-ineris-depoussiere-la-securite-autour-des-batteries-electriques.N166545



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En 2011, lors du lancement d’Autolib’s, Bolloré espérait conquérir 100 000 abonnés au bout de 3 ans et compter 9 utilisateurs par jour et par voiture, soit environ 9 heures d’utilisation journalière par véhicule.

A l’époque, le Centre d’analyse stratégique, dans un rapport (http://archives.strategie.gouv.fr/content/la-voiture-de-demain-note-de-synthese-227-juin-2011 ) montrait la fragilité du modèle économique d’Autolib’ et des lendemains radieux vendus par Bolloré:

Bluecar

Quelques années plus tard, comme dans les plus belles startups qui perdent chaque jour des millions mais continuent de convaincre les gogos, Bolloré annonce environ 40000 abonnés permanents, bien loin des 100000 prévus initialement

Bolloré a baissé ses prix . En 2013, pour attirer des clients, l’abonnement à la journée est devenu gratuit (il était auparavant de 10€) et la demi-heure d’utilisation, dans le cadre d’un abonnement à la journée, est passée de 7€ à 9€. L’abonnement à l’année est passé quant à lui de 144€ à 120€ pour une tarification à la demi-heure qui gagne 50 centimes pour s’établir à 5,50€.

Les recettes sont donc beaucoup moins importantes que celles prévues dans le pire des cas (colonne de droite du tableau ci-dessus où comme recettes mensuelles, on avait 100000 x 15 !).

Les dégradations des véhicules sont beaucoup plus importantes que prévu. Voir http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/10/09/01016-20141009ARTFIG00047-les-chauffards-coutent-cher-a-autolib.php

 La Mairie de Paris est étrangement silencieuse sur le sujet. Pourtant, au dessus de 60 millions de perte, c’est la mairie qui paie et donc les contribuables !

Même pendant la campagne, NKM, prête à tout, n’a jamais évoqué le sujet. Bolloré est si bien avec Sarkozy ..

Pour avoir des informations sur les finances d’Autolib, on peut seulement consulter la fiche de societe.com http://www.societe.com/societe/societe-autolib-493093256.html qui indique qu’en 2012, la catastrophe financière était déjà là:

Comptes autolib

Depuis, motus et bouche cousue.

On se doute que si la situation s’était améliorée autrement que par le lobby et la communication forcée d’Havas (autre propriété de Bolloré), on en aurait entendu parler.

Il est donc évident que les contribuables parisiens paient chaque année POUR Bolloré, dont pourtant le groupe est en mesure de payer les pertes de son soi-disant pari technologique pour l’avenir.

Et maintenant ?

Et bien Bolloré continue de réclamer et d’obtenir des subventions et de l’argent public.

La nouvelle mode est à la demande de bornes électriques partout en France.

Gilles Alix, cadre de Bolloré et patron « officiel » de la société Autolib (chez Bolloré les prête-noms sont nombreux et chaque cadre est attaché à l’entreprise par des mandats sociaux dans la myriade de filiales du groupe Bolloré, notamment dans les paradis fiscaux) réclame des bornes électriques partout en France: http://www.usinenouvelle.com/article/il-faut-des-bornes-de-recharge-partout-en-france-selon-gilles-alix-directeur-general-de-bollore.N302280

Une société privée, réclame donc la mise à disposition de l’espace public et la mise à disposition des services de sécurité pour mettre en place des éléments qui lui permettront de faire son bénéfice..

Imaginez Veolia qui installe ruisseaux et lacs et fait payer les baignades et pêches sans payer à l’état les emplacements ou l’eau ..



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Yacht bolloréLes contribuables, qui paient déjà pour EDF, société de service public spécialisée dans l’électricité et qui devrait normalement s’occuper de tout ceci, vont-ils encore continuer à devoir payer pour que Bolloré s’enrichisse ? .. et continue d’alimenter des comptes en banques extérieurs à la France ?

–>  Enquête sur la face cachée de l’empire Bolloré

 

 

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